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Façade du Grand Théâtre
Arrivé devant le 34 rue de la Scellerie, là, sous vos yeux, se dresse un véritable temple des arts, un haut lieu du patrimoine et de la culture tourangelle.

Le Grand Théâtre de Tours est un service municipal, géré en régie directe avec budget annexe.
 
 1. Le péristyle
 
Les portes du Grand Théâtre de Tours franchies, vous pénétrez dans un large péristyle orné de colonnes soutenant une voûte plate à caissons. De là, vous accédez au grand escalier.

Le terme "péristyle" provient de deux racines grecques peri et stulos, signifiant "lieu entouré de colonnes".

Dans ce théâtre à l’italienne, l’esprit de la fête, de l’illusion, du "faire voir" est souligné par trois couleurs symboliques. A l’inverse des salles actuelles qui privilégient la sobriété des lignes et des couleurs sombres, les théâtres à l’italienne cherchaient à mettre immédiatement le public dans une ambiance festive. Par exemple, les colonnes en faux marbre participent à ce jeu théâtral.

La symbolique des couleurs :
- l’or : symbolise le luxe
- le rouge : symbolise la passion / le drame et l’illusion
- le blanc : symbolise la pureté et permet d’accroître la luminosité

C’est le lieu du premier contact entre le public et l’Opéra, lieu de rencontres et de discussion avant et après les spectacles. Vous remarquerez au centre, une mosaïque datée réalisée par l’entreprise Novello (originaire de Ravenne, Italie) représentant le blason de la ville de Tours ; volonté de la municipalité de montrer dès l’entrée au public l’appartenance du bâtiment.
 
 2. Le grand escalier
 
Escalier d'honneurCelui-ci vous emmène en direction de l'orchestre, des loges et du balcon. Sa réalisation en pierre, sa largeur considérable, ses rampes basses et sa division en deux volées latérales lui conféraient une fonction notable : mettre en scène l’aristocratie de l'époque, laquelle se devait d’être vue.

Deux escaliers latéraux en bois, plus simples, vous permettent d'accéder aux deuxième et troisième galerie.

M. Hardion dessina un grand escalier appelé aussi "escalier monumental" de forme complexe, riche en découvertes spatiales, et fit placer au deuxième palier les deux femmes lampadophores en bronze représentant pour l’une La Tragédie, pour l’autre La Comédie. Avant l'incendie de 1883, celles-ci ornaient la loggia centrale du bâtiment, juste en dessous du groupe en pierre réalisé par Combarieu, où une femme ailée dominant le fronton rompu de la façade, incarne l’Inspiration.

Escalier d'honneurLes peintures décoratives furent réalisées par Georges Clairin, conformément au traité signé entre la municipalité et l’entreprise lyonnaise Diosse et Fils. Il avait pour mission de réaliser tous les travaux de peinture décorative excepté les compositions du plafond du foyer, du public, de la salle et les panneaux du grand escalier ; ceux-ci devant être confiés à un artiste primé au Salon des Indépendants à Paris.

Impressionnés par la carrière de Clairin, les édiles lui offrirent finalement le chantier. Le talent de Clairin se retrouve également dans d’autres réalisations architecturales. En effet, l’estime que lui porta Garnier, lui permit de participer notamment à la décoration des Opéra de Paris, de Monte-Carlo et de Cherbourg.

Escalier d'honneur

Les trois panneaux de l’escalier évoquent les heures de gloire de la Touraine :

- à gauche, le théâtre médiéval des farces et des soties est illustré par une estrade en bois, dressée en plein air, sur une place bordée de maisons à pignons, où se presse une foule de bourgeois en houppelande, de dames à hennin et de chevaliers en armure.
- le grand panneau central est réservé à un épisode situé pendant l’âge d’Or de la Touraine : La Présentation de Rabelais au roi François 1er par le Cardinal du Bellay. Clairin campe ici les fastes de la présence royale dans la province : on retrouve Anne de Bretagne, Louise de Savoie, le connétable de Bourbon, la silhouette du château d’Azay-le-Rideau. Dans ce panneau, Clairin réalise une peinture éminemment théâtrale : le roi François a la contenance d’un acteur de drame historique, la présence de Triboulet au premier plan (à gauche) renvoie à la raillerie de la comédie, et l’illusion séduisante et chamarrée du monde du spectacle incarnée dans la figure du jeune héraut d’armes (à droite). Clairin s’octroie le luxe de parodier la grande peinture d’histoire. Mais tout est ici comédie !
- le panneau de droite est consacré aux Gloires de la Touraine. Il figure dans une improbable réunion, les personnalités les plus éminentes que l’on puisse rattacher de près ou de loin à la province : Balzac (dans sa robe de bure) Béranger, Paul-Louis Courier, Vigny, les docteurs Trousseau, Velpeau et Bretonneau.
- le plafond constitue un morceau assez classique de peinture allégorique : dans les nuées trône la ville de Tours, à laquelle viennent rendre hommage la Loire amenant la prospérité et les principales villes de Touraine identifiables par leurs armoiries.
 
 3. Le foyer du public
 
Foyer du publicVous trouvez le foyer du public au niveau du premier balcon. Vous y accédez notamment par "l’escalier monumental". C’est un lieu, comme son nom l’indique, dévolu au public. Contrairement à beaucoup d’autres théâtres à l’italienne, celui-ci ne donne pas sur la façade, mais sur le côté ouest du bâtiment.

Son plafond, réalisé par Clairin, apparaît comme la composition la plus ambitieuse et la plus originale de l’ensemble que celui-ci a réalisé.

Les figures allégoriques occupent les marges de la toile, abandonnant le reste à un ciel léger, duquel descendent les figures ailées de la Gloire et de la Renommée. La composition s’équilibre sur chacun des deux grands côtés, dans un cas, autour d’une figure de Mercure élevant son flambeau au centre de la toile, dans l’autre, autour de deux génies gardiens des armes de la ville.

De part et d’autre de ces pivots, l’évocation de la Touraine historique répond à celle du progrès et de l’industrie, alors que la richesse de la terre est mise en pendant de la pratique des arts. Le peintre fait voisiner la silhouette de Chenonceaux et celles d’usines enfumées, cependant que la Renommée claironne sans façon les noms des célébrités de la province en direction de ces symboles de la modernité que sont les poteaux du télégraphe. La vocation culturelle et le prestigieux passé artistique de la Touraine sont clairement évoqués dans cette composition, ainsi que son dynamisme économique. La bourgeoisie tourangelle, spectatrice du décor, pouvait alors y trouver un miroir assez flatteur !

d’après Vincent Droguet et Marie-Thérèse Réau : Tours, décor et mobilier des édifices religieux et publics, Cahiers du Patrimoine n°30, Service régional de l’Inventaire général – Direction régionale des Affaires Culturelles du Centre, 1993
 
 4. La salle de spectacle
 
SalleEn pénétrant dans la salle, vous découvrez sa forme en fer à cheval (issue des théâtres grecs) et vous retrouvez toujours le rouge comme couleur dominante. La salle est divisée en plusieurs parties :

- le parterre ou l’orchestre
- le balcon
- la 2ème galerie
- La 3ème galerie ou le poulailler (ainsi appelé à l'époque parce qu’on y était serré comme des volailles et on disait que la foule y caquetait) ou le paradis (pour les mélomanes, l’acoustique y est soi-disant la meilleure).

Il y a en tout 990 places.

Le lustre, tout en cristal, pèse 700 kg et compte 206 ampoules.

Le plafond, commandé au peintre Georges Clairin, représente des anges musiciens, des scènes d’opéras et de ballets.
 
 5. La cage de scène
 
Il existe une véritable démarcation visuelle entre les deux volumes de la salle et de la scène. La scène apparaît comme une boîte à image soulignée par plusieurs cadres :

- le lambrequin, qui permet un effet de découverte.
- le manteau d’Arlequin, en bois peint, représentant une draperie rouge ornée de pompons or, permet de réduire la hauteur du cadre de scène.
- le rideau d’avant-scène en velours rouge ferme la scène et ne s’ouvrira qu’au début du spectacle.
- le rideau de fer, rideau métallique qui assure la sécurité entre le public et la scène. Devant témoins (les premiers spectateurs), son fonctionnement est vérifié avant chaque spectacle. Il descend en 30 secondes en chute libre. Son poids est de 7,5 tonnes, équipé de chaque côté de contre-poids de 3,5 tonnes.
 
 6. La scène
 
Le plateau de scène est l’endroit où se produisent les artistes. Celui de l’Opéra de Tours, comme beaucoup de “théâtres à l’italienne”, a une pente de 4% et fait environ 140 m² (profondeur totale de 14,80 m et ouverture de 10,50 m).

Le plancher est entièrement démontable, comme un grand puzzle. Des costières (rainures parallèles à l’ouverture de scène) sont destinées à recevoir les éléments rigides d’un décor.

Le plateau comprend à la fois l’espace de jeu scénique et les coulisses, qui permettent la circulation des artistes et des techniciens de scène.

Sur scène, nous ne parlons jamais de droite ou de gauche mais du côté jardin et du côté cour.
 
 7. La fosse d’orchestre
 
Fosse d'orchestreLorsque vous regardez vers la scène, vous voyez la fosse d’orchestre, qui peut contenir jusqu’à cinquante musiciens.

Comme vous le savez, l’orchestre lyrique est une formation instrumentale plus réduite (en nombre de musiciens) que celle d’un orchestre symphonique.

Le chef d’orchestre, placé au milieu de la fosse et dos au public, doit mener ses musiciens mais aussi diriger les chanteurs et les chœurs, afin que la magie s’opère et que le spectacle soit synchrone.
 
 8. Les cintres
 
Les cintres correspondent au vide situé au-dessus de la scène. Ils permettent de suspendre les décors et de les stocker entre les actes, pour faciliter leurs changements.

Avant les derniers travaux réalisés en 2006, il existait des "ponts de singes" (passerelles) permettant aux cintriers (techniciens) de passer du côté cour à côté jardin et vice versa. Les cintres de l’Opéra de Tours étaient entièrement manuels et contrebalancés (avec un système de balanciers et de poids stockés dans la cheminée des contrepoids ou grill, côté cour). On emploie les verbes "appuyer" et "charger" pour monter et descendre les perches sur lesquelles nos décors sont fixés.

Le terme "pont de singes" provient de la marine. En effet, en raison de la hauteur et du maniement délicat des câbles, les théâtres, au XIXème siècle, employaient d’anciens marins. Ces derniers ont d’ailleurs apporté avec eux plusieurs superstitions, notamment un terme désormais banni au sein même des théâtres : nous pouvons uniquement vous le désigner en l’utilisant pour les instruments à "cordes".

Depuis les travaux, un certain nombre de perches manuelles ont été remplacé par des perches électriques et les cintres en bois ont été remplacés par une structure en acier permettant d'équiper des décors beaucoup plus lourds.

La visite s'achève ici. Bien d'autres endroits restent à découvrir mais pour cela vous devrez venir à la journée Portes Ouvertes du mois d'octobre.

Nous espérons pour ceux qui connaissent déjà ce lieu qu'ils le regarderont désormais avec encore plus de curiosité et pour les autres, qu'ils ressentiront l'envie et le désir de venir le découvrir.
 
Grand Théâtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

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Ouverture du mardi au samedi
10h30 à 13h00 / 14h00 à 17h45


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